j'ai soixante-douze ans, suis une petite dame et fréquente le club de l'âge d'or de mon cartier qui me permet d'avoir une vie sociale. à mon âge, trop de personnes âgées - je hais si tant cette expression, personne âgée sonne comme "personne handicapée", "personne ayant une déficience intellectuelle", "bébé ne sachant pas marcher" comme en signe de faiblesse physique, psychologique, sociale et émotionnele - alors je disais trop de personnes "de mon âge" se trouvent seules et abandonnés pour que je songe à ne plus fréquenter l'unique lien entre moi et mes petites copines avec qui je prend des marches, je vais à la messe et je regarde les photos de mes petits enfants, lien entre le passé et le présent dans ma petite tête dont les cellules grises se détériorent chaque jour d'avantage.
lors de journées comme celles d'aujourd'hui, j'entreprends de faire une balade à pieds avec mon amie suzanne de l'âge d'or. lors de journées comme celles d'aujourd'hui, il fait froid, on gèle y'a pas qu'l'hiver qui est cruel. lors de journées comme celles d'aujourd'hui, nous avons beau avoir revêtu nos capines, nos chaudes petites bottes et nos manteaux en vision, témoignage de la décennie passée qui fut si jolie mais passée comme le dit l'expression "décennie passée". le vent souffle, si froid et si glaçant pour nos joues gauchement barbouillées de fard à joue de couleur avon #7. le vent souffle et le sol glisse, nos bottes n'étant pas munies de crampons comme le sont aujourd'hui garnies la plupart de celles vendues dans les boutiques de sport ultra-performantes qu'a l'habitude de fréquenter mon fils richard. le vent souffle, et décoiffe les cheveux qu'il me reste que mademoiselle marie-hélène du salon de coiffure chez marie-hélène a l'habitude de coiffer chaque semaine. le vent souffle, les enfants courent dans la rue à la recherche de je ne sais quoi. les enfants courent et bouleversent ma conscience. et je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas l'habitude de me poser ces questions.

